Évaluation du risque de trisomie 21
La plupart des nouveau-nés naissent en bonne santé, mais environ 1,6 % d’entre eux présentent un handicap physique ou intellectuel important. Parmi les causes les plus fréquentes de handicap figure la trisomie 21 (syndrome de Down), dont le risque augmente avec l’âge maternel, bien qu’il reste présent chez les femmes jeunes.
Diagnostic de la trisomie 21
Le seul moyen de confirmer ou d’exclure la présence de trisomie 21 chez le fœtus est d’analyser ses chromosomes. Deux types de prélèvements permettent d’obtenir les cellules nécessaires :
- La biopsie de trophoblaste : réalisée entre 11 et 13+6 semaines d’aménorrhée, elle consiste à prélever une petite quantité de tissu placentaire.
- L’amniocentèse : réalisée le plus souvent à partir de 15 semaines d’aménorrhée, elle consiste à prélever du liquide amniotique entourant le fœtus.
Ces deux techniques, bien que très fiables, comportent un risque de fausse couche estimé entre 0,2 et 1 %, principalement en fonction de l’expérience de l’opérateur.
Afin de réduire ce risque, une autre stratégie consiste à évaluer la probabilité de trisomie 21 grâce à des examens non invasifs. Cette stratégie combine :
- L’âge maternel,
- L’épaisseur de la nuque fœtale mesurée par échographie entre 11 et 13+6 semaines d’aménorrhée,
- Les marqueurs sériques dosés par prise de sang pendant la même période.
Cette méthode combinée, recommandée par la Haute Autorité de Santé, permet d’estimer le risque de trisomie 21 et de proposer, si nécessaire, une amniocentèse ou une biopsie de trophoblaste pour établir un diagnostic.
L’échographie entre 11 et 13+6 semaines
L’échographie réalisée à ce stade joue un rôle clé dans l’évaluation du risque de trisomie 21 grâce à la mesure de la clarté nucale. À ce terme, tous les fœtus présentent une épaisseur liquidienne au niveau de la nuque, mais celle-ci tend à augmenter en cas de trisomie 21.
Cette échographie a également d’autres objectifs :
- Vérifier l’âge de la grossesse grâce à des mesures précises de la croissance fœtale,
- Identifier les grossesses multiples,
- Dépister certaines malformations précoces des organes fœtaux,
- Analyser des critères complémentaires qui peuvent affiner l’évaluation du risque de trisomie 21.
Les marqueurs sériques du premier trimestre
La prise de sang maternelle permet de doser deux hormones spécifiques :
- La fraction libre de la β-HCG,
- La PAPP-A.
Des taux anormaux, tels qu’une augmentation de la β-HCG et une diminution de la PAPP-A, sont associés à un risque accru de trisomie 21.
Le test combiné d’évaluation du risque au premier trimestre
Le test combiné utilise l’ensemble des informations suivantes pour évaluer le risque de trisomie 21 :
- L’âge maternel,
- La mesure de la clarté nucale,
- Les marqueurs sériques.
Voici l’efficacité des différentes approches lorsqu’un seuil de risque de 1/250 est utilisé pour recommander un diagnostic invasif :
- L’âge maternel seul permet de détecter 40 % des cas de trisomie 21,
- La mesure de la nuque détecte environ 60 % des cas (sous réserve d’une expertise échographique stricte),
- Les marqueurs sériques détectent également 60 % des cas,
- La combinaison des trois méthodes permet de repérer environ 90 % des fœtus porteurs de trisomie 21.
Ce test ne permet pas de confirmer ou d’infirmer la trisomie 21, mais il offre une estimation précise du risque, facilitant une décision éclairée pour réaliser ou non un prélèvement diagnostique.
En pratique
Le diagnostic du premier trimestre repose sur les étapes suivantes :
- Une échographie réalisée entre 11 et 13+6 semaines d’aménorrhée pour mesurer la clarté nucale.
- Une prise de sang maternelle pour doser les marqueurs sériques pendant la même période.
- Une consultation spécialisée pour analyser les résultats et présenter une estimation combinée du risque.
- Un prélèvement diagnostique (biopsie de trophoblaste ou amniocentèse) si le risque est jugé élevé.
Un résultat rassurant peut généralement être obtenu en 48 heures grâce à une analyse directe des cellules fœtales. Toutefois, le caryotype définitif, après culture des cellules, nécessite un délai de 10 à 15 jours.
Contraintes du test combiné du premier trimestre
- Les examens (prise de sang et échographie) doivent impérativement être réalisés entre 11 et 13+6 semaines d’aménorrhée.
- En dehors de cette période, les résultats ne seront pas exploitables, et les examens devront être recommencés.
- La mesure de la nuque est un paramètre sensible nécessitant un opérateur expérimenté accrédité par des organismes comme la Fetal Medicine Foundation (FMF) ou le Collège Français d’Échographie Fœtale (CFEF).
L’échographie du deuxième trimestre
L’échographie réalisée entre 17 et 24 semaines d’aménorrhée est essentielle pour dépister d’éventuelles malformations anatomiques du fœtus. Même si la mesure de la clarté nucale est normale au premier trimestre, cette échographie reste fortement recommandée.
En cas de clarté nucale augmentée au premier trimestre, même si le caryotype est normal, un suivi attentif est conseillé pour vérifier :
- La croissance fœtale tout au long de la grossesse,
- L’anatomie détaillée du cœur et du squelette du fœtus.
Ce suivi permet d’assurer une prise en charge optimale et d’identifier d’éventuelles anomalies associées non détectables précocement.




